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Samedi 15 Aout 2020
Jeudi 22 octobre 2020 à 19h00
L'ART ET LA MANIERE DE LA AÏTA HOMMAGE A BOUCHAÏB EL BIDAOUI

Dans le cadre des Arabofolies, festival musical, des arts et des idées

Le patrimoine musical de la aïta, art populaire marocain porté par des cheikhates au verbe haut, fut un temps méprisé et frappé d’interdit. Il est aujourd’hui réhabilité par le travail de sauvegarde, d’interprétation et d’archivage de chercheurs, musiciens et musicologues. Retour sur un patrimoine poétique et festif, au fil d'une séance dédiée au grand chanteur Bouchaïb El Bidaoui, figure emblématique de l'art de la aïta

D’aucuns comparent la aïta à la geste hilalienne, un art combinant chant et poésie ; sa naissance remonterait à la dynastie almohade (XIIIe siècle). Les transformations sociales et urbaines qui ont affecté la société marocaine y sont pour beaucoup dans l’essor et la diffusion de la aïta; avec l’apparition des caïds dans des régions rurales et agricoles telles Abda, Chaouia et Doukkala, la Aïta consigna, par la voix des femmes cheikhates, les faits et gestes d’une société partagée entre tradition et modernité.

On en dénombre neuf grands styles: Hasbaoui, Marssaoui Zaeri, Chyadmi, Haouzi, Mellali, Jabli, Khouribgui. Ce patrimoine, un temps méprisé et frappé d’interdit, se trouve aujourd’hui réhabilité par un travail de sauvegarde, d’interprétation et d’archivage que l’on doit à certains chercheurs, musiciens et musicologues avec à leur tête Hassan Najmi, Ouled Bouaazzaoui, Ouled Ben Aguida et bien d’autres.

Cette rencontre se veut un hommage à un grand maître de la Aïta Marsaouia, Bouchaïb El Bidaoui (1929-1964), qui renouvela et popularisa cet art et bouscula son époque en se mettant dans la peau d’une femme chikha.

Avec :

Hassan Najmi, poète, écrivain, chercheur. Président de l’Union des Ecrivains Marocains pour deux mandats : 1998-2005. Fondateur de la Maison de la poésie en 1996. Préside actuellement le Pen International-Centre Maroc. Auteur de plus d’une vingtaine de textes (essais, romans et poésie), dont le chant de la Aïta, la poésie orale et la musique traditionnelle au Maroc. Ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues étrangères.

Alessandra Ciucci, enseigne l’ethnomusicologie à la Colombia University de New York. Elle a obtenu le doctorat au CUNY Graduate Center de New York avec une thèse sur l' aïta et les chikhates du Maroc. Ses articles ont été publiés sur The Yearbook for Traditional Music, The International Journal of Middle East Studies, Mondi Migranti, Cahiers de musiques traditionnelles, Ethnomusicology Forum, The Journal of North African Studies et également dans des encyclopédies et des anthologies. En 2018 elle a eu le Prix de Rome de l'American Academy of Rome pour l'année 2019 pour son projet sur la musique et la sonorité rurale des immigrés marocains en Italie.

Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger ; il a longtemps travaillé sur les questions des droits de l’Homme et de l’histoire de l’immigration en France. Il est notamment coauteur du rapport pour la création d’un musée de l’immigration, remis à Lionel Jospin en 2001.

Avec la participation exceptionnelle de Khalid Bouaazzaoui, artiste musicien et pilier de la troupe Ouled Bouaazzaoui, considéré comme le digne héritier de Bouchaïb El Bidaoui.

Rencontre suivie de la projection du film documentaire Le Blues des cheikhates de Ali Essafi
Maroc/Égypte, documentaire, 2004, 56’

Les cheikhates, chanteuses populaires du Maroc, sont à la fois les femmes les plus aimées et les plus marginalisées, et ce pour une seule et unique raison : leur liberté
Liberté de mœurs et de ton qui leur permettent, et à elles seules, de chanter l’injustice et le sort fait à la femme. Ce que Cheikha Aïcha résume avec des mots simples : « Notre vie est semblable à cette bougie qui brûle et se sacrifie pour que les autres voient »

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