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Mercredi 21 Aout 2019
Du mercredi 30 avril au dimanche 22 juin 2014
LA SYRIE DE DEMAIN/ CHAM BOKRA

Une exposition d’art contemporain est organisée par l’IMA et l’association Démocratie et Entraide en Syrie. Sous la forme d’un « work in progress » l’accrochage sera modifié, amplifié au fil du temps afin de présenter des œuvres récentes et militantes d’artistes pour la plupart syriens. Avec entre autres la participation de Youssef Abdelke, Maryam Samaan, Walaa Dakak, Charbel Samuel Aoun, Farès Cachoux, Hamid Suleiman, Manaf Halbouni.

Vernissages les 30 avril et 23 mai 2014.

La voix des invisibles - Charbel Samuel Aoun

Installation sonore intéractive - 2013 Charbel Samuel Aoun Collaboration artistique : Camille Brunel Software design: Dr. Chafick Mokbel

Vivants la moitié de l’année au Liban, nous rencontrons des hommes et des femmes qui ne cessent de nous bouleverser et qui, dans leur souffrance ou leur combat, délivrent une parole, donnant à entendre à leur façon un message d'une authenticité rare, appel au secours, cri de désespoir ou de colère. C’est cette marginalité que nous voulons mettre au centre et faire entendre le temps d’un appel téléphonique. « La Voix Des Invisibles » qui met en scène un mur entier de téléphones, à l'heure où personne ne vit sans sa propre zone de confort technologique "iphone-ipad", se pose d'emblée comme une façon de re-questionner notre disponibilité, notre écoute, notre temps. Le "passant" doit faire un pas vers l'installation, doit tendre la main et mettre un combiné sur son oreille, il devient donc "acteur" de l'installation. C’est de son geste que le jaillissement de la parole de l’autre dépend. « Les Invisibles », ce sont ces hommes et ces femmes que nous avons rencontré dans le Jardin des Jésuites à Beyrouth dans le courant de l’année 2013.

Amal, Fayçal, Caroline, Wadih, Khaled, Élies, Hana, Lina, Marie, Michel, Muhamad, et Yussef ont entre 13 et 75 ans. Ils sont pour la plupart Syriens ou Libanais d’origine syrienne et ont accepté de nous livrer leur histoire. Histoires familiales ou sentimentales, réalités présentes, constats ou témoignages, chacun a vécu un drame, une tragédie, chacun porte en soi une blessure, vive ou endormie en lien avec la realité de cette région, chacun témoigne d’une vie qui lui échappe...

Cette mosaïque de vie est celle de nos sociétés invisibles, ces hommes, femmes et enfants que nous ne voyons plus, qui n’ont pas de tribune, ni de rôle à tenir dans la société, mais dont la voix, pourtant, est essentielle.


Paranoïa « Eye and I » - Walaa Dakak

J’ai grandi sous un régime politique dictatorial. La peur a accompagné chaque seconde de ma vie. Dessiner les visages me terrifie parce qu’il y a là des yeux. Des yeux qui me surveillent et me rappellent l’espionnage et la persécution dans mon pays, de sorte que je fuis la toile peinte afin de ne pas me sentir observé.

Avec le temps, j’ai découvert que mes propres yeux se confondent avec ces yeux qui m’observent, que je suis parmi ces personnages; un dédoublement en quelque sorte où je suis à la fois persécuté et persécuteur. Et j’ai compris que le seul moyen de mettre fin à ce phénomène et de me débarrasser de ces personnages internes serait de les peindre. J’ai alors commencé à travailler ce thème. Un peu plus tard, la découverte du roman de Georges Orwell 1984 fut un choc pour moi car Orwell racontait ma propre histoire : "On devait vivre, on vivait, car l’habitude de-vient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu". Pour moi les personnages de cette fiction sont des personnes réelles avec lesquelles je vis, tous autant que nous sommes, contrôlés par les mêmes mécanismes.

Mon projet est donc un processus d’émancipation par rapport à ces figures, à mon double interne, une tentative d’unification de mes deux parties en une seule, libre.

Walaa Dakak est né en 1978 en Syrie. Après une maîtrise des Beaux Arts à l’Université de Damas, il s’installe à Paris en 2004 pour poursuivre son cursus et son œuvre. Il prépare actuellement une thèse à Paris 1 en Arts et Sciences de l’art/Esthétique, tout en continuant à peindre et à concevoir des installations.

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