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Parution Juin - juillet 2009
![]() Manière de voir n°105
Au Sommaire: I. Après la crise, la crise Devant un parterre de dirigeants d’entreprise, Mme Miyako Suda, membre de la Banque centrale du Japon, n’a guère pris de gants : « L’économie du Japon, a-t-elle déclaré, est tombée d’une falaise dans une vallée profonde et, désormais, elle erre dans la boue par un brouillard dense. » L’image, dont rend compte le Financial Times, est osée, mais elle décrit parfaitement la réalité. Après la récession des années 1997-1998, le Japon est à nouveau dans le rouge. Les richesses créées ont chuté de 12,1 % (en rythme annuel) au dernier trimestre 2008 et continuent à dévisser depuis le début de l’année 2009. C’est la pire récession depuis la seconde guerre mondiale. Plus grave encore que la précédente dégringolade, dont le pays a mis plus de dix ans à se remettre — on parle d’ailleurs de « décennie perdue ». Certes, depuis, le système financier et bancaire s’est assaini — à tel point que certains établissements se sont portés à la rescousse de banques américaines en péril, comme Mitsubishi, qui a racheté un cinquième du capital de Morgan Stanley. Mais le reste de l’économie (industrie et services) est frappé de plein fouet. Le chômage grimpe à vive allure dans un pays où les indemnités ne durent que trois mois... Largement tournée vers l’exportation, l’économie a commencé à démanteler ses outils d’intervention publique, qui avaient pourtant fait sa réussite. En conséquence, la chute de la consommation sur ses principaux marchés (Etats-Unis, Europe mais aussi Chine, où les industriels nippons sous-traitent des productions destinées à l’étranger) entraîne un effondrement de la croissance. Bien sûr, le vent de libéralisme n’a pas tout emporté. Ici comme ailleurs, le pouvoir redécouvre le charme de l’action de l’Etat. Depuis l’automne 2008, le gouvernement en est à son troisième plan de relance. Le dernier en date, annoncé en avril, cherche à frapper les esprits autant qu’à faire redémarrer la machine : 15 400 milliards de yens sont ainsi injectés (115 milliards d’euros). Si l’on tient compte des deux précédents programmes, les dépenses publiques supplémentaires représentent 5 % du produit intérieur brut… Cela suffira-t-il ? II. Une histoire controversée III. Danse triangulaire.... Prix: 7€ Plus d'infos : ici Vos CommentairesAjouter un commentairePowered by Comment Script
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