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Samedi 31 juillet 2010 à 23h30
![]() ANASS HABIB
Chants sacrés et profanes de l'Orient
Premier concert à Paris Si Anass Habib se déplace si facilement entre les répertoires et les liturgies, c'est sans doute parce que la musique est sa seule religion véritable. Chants soufis syriens ou chants maronites du Liban, classiques de Fairuz ou cha'abi, Pâques byzantines orthodoxes ou mélodies andalouses, il se saisit de tout avec la même ardeur. Accompagné de son seul daff, transcendant de sa voix puissante son physique fragile, il donne en partage sa foi en la musique, par-delà les classifications et les croyances. Né dans la médina de Fès, Anass Habib est le benjamin d'une famille de onze enfants - vingt ans le séparent de sa sœur aînée. Une fratrie qui compte sept musiciens, des centaines d'heures de conservatoire cumulées, des milliers de notes jouées ou chantées... Cependant seul Anass, le petit dernier, a osé se lancer dans une carrière musicale professionnelle. Mais n'est-il pas écrit dans la Bible que les derniers seront les premiers ? Le pouvoir de sa voix et de sa présence, il l'a éprouvé dès les fêtes de l'école : "Quand je chantais, tout le monde s'arrêtait, les autres enfants, les professeurs, les parents d'élèves. Je sentais que j'étais différent." Un jour, à la radio, il entend la diva libanaise Fairuz chanter a capella des liturgies maronites. C'est le déclic. À ses parents qui insistent pour qu'il fasse des études "sérieuses", il concède quatre exténuantes années de littérature anglaise ("C'était comme verser de l'eau sur du sable."), et, le devoir accompli, il explose : hors la musique, rien n'est possible. Il part terminer son apprentissage auprès des maîtres syriens, dans les conservatoires de Damas et d'Alep, où il étudie le chant classique et les subtilités de la musique savante : les différents maqâmaat, les rythmes, les Mouwashahat arabo-andalous et moyenorientaux, les techniques d'improvisation du mawâl... Mais il travaille aussi la musique traditionnelle : la dabkeh libanaise, la taqtouqa, les qoudoud alépins... Au nord-ouest de Damas, il part rencontrer les pères de l'Église syriaque de la cité des monastères de Sainte-Thècle et de Saint-Serge à Maaloula et ceux du couvent Saydnaya, deux villages où les gens parlent encore l'araméen. "Je demandais aux prêtres s'ils voulaient bien m'apprendre leurs chants. Ce n'était pas trop difficile, parce que les modes sont les mêmes que dans le chant arabe classique. En revanche, les rythmes varient, même quand on chante a capella, donc je retournais les voir de temps en temps pour vérifier mon travail et ne pas faire des bêtises avec le répertoire." Insatiable de textes et de mélodies, Anass Habib refuse de se laisser enfermer dans une typologie, dans une religion, dans un univers. Il admire autant Fadia Tomb El-Haj et Sœur Marie Keyrouz qu'Oum Kalsoum et Asmahan. Il interprète aussi bien les chants médiévaux de l'église espagnole de Montserrat que les poèmes du Palestinien Mahmoud Darwich, mis en musique par une autre de ses idoles, Marcel Khalifé. Tant pis si cela lui vaut d'être rejeté par les sectaires d'ici et d'ailleurs, par les puristes et les chapelles. Anass, lui, cherche la beauté. "L'important, c'est de faire ressortir chaque nuance, chaque changement de maqâm, d'accéder à ce qui sort des profondeurs de la mélodie ou de la pensée." Entré en musique comme d'autres en religion, Anass Habib s'explique en une phrase : "Je crois à l'art." site artisteici Eglise Saint-Eustache (1er) Paris Impasse Saint-Eustache
Entrée face au 12 rue Montmartre
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